Derrière ce titre volontairement racoleur, faisons quand même un petit retour sur les backlinks, leur utilité, leur fonctionnement… et surtout pourquoi, en 2026, certaines pratiques de netlinking semblent fonctionner beaucoup moins bien qu’avant.
Parce qu’il faut être clair : non, les backlinks ne sont pas morts.
Et non, Google n’a pas décidé du jour au lendemain que les liens ne servaient plus à rien.
Le problème est ailleurs.
Le problème, ce sont les dérives du marché du backlink, les sites montés uniquement pour vendre du lien, les domaines expirés recyclés à la chaîne, les contenus générés sans valeur, les pages qui ne sont même plus indexées… Bref, tout ce qui a progressivement transformé le netlinking en une gigantesque usine à fabriquer du signal artificiel.
Et Google a eu largement le temps de s’adapter.
1. C’est quoi un backlink ?
Un backlink, c’est simplement un lien présent sur un site A qui pointe vers une page d’un site B.
Sur le papier, c’est tout con.
Mais historiquement, Google a construit une partie fondamentale de son algorithme autour de cette idée : un lien peut être considéré comme un vote.
Plus une page reçoit de liens de qualité, plus elle peut être considérée comme importante.
C’est notamment le principe derrière le PageRank, développé à l’origine par Larry Page et Sergey Brin : tous les liens ne se valent pas, et l’importance d’un lien dépend notamment de l’importance de la page qui le fait.
Donc non, obtenir 100 liens depuis 100 sites totalement pourris n’a jamais été équivalent à obtenir quelques liens depuis de vrais sites faisant autorité.
Et c’est là que les choses deviennent intéressantes.
2. C’est quoi un bon backlink ?
Un bon backlink, ce n’est pas simplement un lien posé dans un article avec une belle métrique affichée dans un outil SEO.
Pendant des années, le marché a pourtant résumé la qualité d’un domaine à quelques chiffres : Trust Flow, Citation Flow, Domain Rating, Domain Authority, etc.
Le problème, c’est que Google ne travaille évidemment pas avec les métriques de Majestic, Ahrefs ou Moz.
Le fameux « link juice »
L’idée du link juice est assez simple : lorsqu’une page fait un lien vers une autre page, elle peut transmettre une partie de son importance.
Mais le PageRank n’est pas un simple tuyau dans lequel on verse du jus SEO.
La valeur transmise dépend de nombreux paramètres : l’importance de la page source, les autres liens présents sur cette page, la structure du site, la manière dont Google comprend le lien, etc.
Et surtout : Google ne regarde pas uniquement le lien. Il regarde son contexte.
Le surfeur aléatoire
Le modèle historique du PageRank repose notamment sur le concept du surfeur aléatoire : imaginons un utilisateur qui navigue de page en page en cliquant sur des liens.
Une page souvent atteinte depuis des pages importantes a davantage de chances d’être considérée comme importante.
C’est une simplification, évidemment, mais elle permet de comprendre pourquoi un lien depuis une page réellement importante peut avoir beaucoup plus de valeur qu’un lien depuis une page qui ne reçoit elle-même quasiment aucun signal.
Et la sémantique dans tout ça ?
C’est là que les choses deviennent encore plus intéressantes.
Les éléments rendus publics à la suite des Google Leaks ont notamment remis en lumière le fait que Google dispose de beaucoup plus d’informations sur les pages, les sites, leurs relations et les liens que ce que certains raisonnements SEO simplistes peuvent laisser penser.
Un backlink n’est donc pas simplement :
site avec un gros TF → lien → site cible → +10 SEO
Ça ne fonctionne évidemment pas comme ça.
Google peut analyser le contenu autour du lien, la thématique de la page, la cohérence du lien avec le reste du site, la relation entre les différentes pages et de nombreux autres signaux.
Un lien doit avoir du sens.
Un article sur la rénovation énergétique qui fait un lien naturel vers une entreprise spécialisée dans l’isolation, ce n’est pas la même chose qu’un article complètement artificiel publié sur un site généraliste qui contient trois paragraphes générés par IA et un lien vers un plombier à 600 kilomètres de là.
Les deux sont techniquement des backlinks.
Mais ils ne racontent absolument pas la même histoire à Google.
3. Mais alors pourquoi la vente de liens existe-t-elle ?
Parce que le netlinking naturel est chiant, long et chronophage.
Voilà.
C’est probablement l’explication la plus simple.
Pour obtenir naturellement des backlinks, il faut produire quelque chose d’intéressant, contacter des journalistes, développer des relations, créer des partenariats, faire parler de soi, publier des études, avoir une vraie activité…
Et tout ça prend du temps.
Une agence SEO qui doit gérer 30 clients n’a pas forcément envie de passer ses journées à contacter des centaines de webmasters pour obtenir quelques liens.
Alors elle achète.
Et finalement, c’est assez logique.
Le marché de la vente de liens répond à un vrai besoin : gagner du temps.
Le problème n’est donc pas que quelqu’un vende un lien.
Le problème commence lorsque tout un écosystème se met à fabriquer des sites uniquement pour vendre ces liens.
Et là, on commence à avoir un problème.
4. La multiplication des plateformes de vente de liens a foutu encore plus la merde
Et justement, le marché s’est énormément structuré.
Il n’y a plus simplement quelques agences qui connaissent quelques webmasters.
Il y a maintenant des plateformes entières dédiées à l’achat et à la vente de liens.
On peut comparer les prix, les métriques, les thématiques, le trafic, les délais de publication…
En quelques clics, on peut commander un backlink.
Et soyons honnêtes : c’est extrêmement pratique.
Mais ça crée aussi un énorme problème.
Parce que plus un marché se structure, plus les comportements des acteurs deviennent faciles à identifier.
Prenez un site qui s’inscrit sur une plateforme.
Puis une deuxième.
Puis une troisième.
Puis une quatrième.
Et qui vend systématiquement des articles sponsorisés avec les mêmes types de liens, les mêmes ancres, les mêmes catégories de sites et parfois les mêmes contenus plus ou moins recyclés.
À un moment, il ne faut pas être Sherlock Holmes pour comprendre que le site fait du backlink à plein temps.
Et c’est probablement l’une des grosses faiblesses du marché actuel.
Les vendeurs professionnels laissent des traces.
Plus tu t’inscris partout, plus tu apparais dans les bases de données de plusieurs plateformes.
Plus tu vends, plus ton profil devient identifiable.
Et si plusieurs plateformes permettent de retrouver les mêmes sites, les mêmes propriétaires, les mêmes patterns ou les mêmes comportements, il devient forcément plus simple de distinguer un site qui reçoit occasionnellement une demande commerciale d’un site dont le business model repose principalement sur la vente de liens.
Et l’histoire a déjà montré que ce genre de système pouvait coûter très cher.
Petit rappel historique : Buzzea
En janvier 2014, Google avait officiellement annoncé une action contre Buzzea, une plateforme française spécialisée dans la mise en relation entre annonceurs et éditeurs pour des articles sponsorisés contenant notamment des liens dofollow.
Matt Cutts avait alors annoncé que Google prenait des mesures contre ce réseau français de liens. La plateforme a cessé son activité dans la foulée.
Et surtout, la sanction ne s’est pas limitée à la plateforme elle-même.
Des sites ayant participé aux campagnes ont également été touchés par des actions manuelles concernant les liens artificiels. Certains ont dû retirer ou passer en nofollow les liens issus de ces campagnes.
Et ce n’était pas un cas isolé : Google a également annoncé à cette période des actions contre d’autres réseaux de liens en Europe.
Leçon à retenir : quand tu construis un business entier autour de la fabrication d’un signal que Google cherche précisément à détecter, tu prends forcément un risque.
Et aujourd’hui, la situation est encore plus intéressante qu’en 2014.
Parce qu’il y a beaucoup plus de plateformes.
Beaucoup plus de vendeurs.
Beaucoup plus de données.
Et beaucoup plus de contenus générés automatiquement.
Et le pire dans tout ça ?
On va bientôt en sortir une de plus.
Oui.
Je sais.
C’est assez drôle d’écrire un article expliquant que la multiplication des plateformes de vente de liens participe au problème… alors que nous allons justement lancer une plateforme.
Mais justement, ce ne sera pas exactement une plateforme de vente de liens.
L’idée est plutôt de travailler sur la vente de visibilité.
La nuance peut paraître marketing, mais elle est importante.
L’objectif n’est pas de construire un catalogue :
TF 40 — 89 €
DR 60 — 129 €
TF 50 — 199 €
et de considérer qu’un lien vaut mécaniquement X euros.
L’idée est plutôt de remettre la visibilité, le contexte éditorial, la qualité de la page, l’audience et la pertinence au centre.
Parce que finalement, c’est probablement ça qui manque le plus au marché.
On ne devrait pas acheter un backlink. On devrait acheter une opportunité de visibilité.
Le lien peut être une conséquence de cette visibilité.
Et ça change complètement la philosophie.
5. Comment la vente de liens a foutu la merde
Au départ, on avait des sites.
Des vrais.
Des médias, des blogs, des entreprises, des sites éditoriaux qui avaient une audience et qui pouvaient vendre ponctuellement un article sponsorisé.
Puis le marché a compris qu’un domaine pouvait devenir une machine à cash.
Et là, ça a commencé à partir en couille.
Les domaines expirés
Un domaine expire ?
On le récupère.
On regarde ses anciennes métriques.
On le remonte.
On lui colle du contenu.
Et on recommence à vendre des liens.
Sauf qu’un domaine qui parlait de jardinage en 2018, de crypto en 2021 et de plomberie en 2026 n’est pas forcément très crédible.
Et justement, les éléments issus des Google Leaks ont notamment attiré l’attention sur la manière dont Google peut analyser la continuité thématique et éditoriale d’un domaine expiré.
Autrement dit : récupérer un vieux domaine ne signifie pas récupérer automatiquement toute son autorité historique.
Si vous récupérez un domaine et que vous le transformez complètement, Google peut parfaitement constater que le site n’est plus le même.
Le fantasme du :
« J’achète un domaine avec 40 de TF et je récupère son jus »
est donc beaucoup trop simpliste.
Et puis il y a eu la course aux métriques
Le marché s’est ensuite mis à optimiser les métriques.
On voulait du TF.
Du CF.
Du DR.
Du DA.
Du trafic.
Des domaines expirés.
Des backlinks.
Toujours plus de backlinks.
Et forcément, quand une métrique devient un objectif commercial, elle finit par être manipulée.
Des profils de liens artificiels, des réseaux de sites, des redirections, des domaines recyclés, des liens en masse…
On a construit tout un marché autour de la fabrication de signaux censés ressembler à des signaux naturels.
Et Google n’est pas débile.
6. Puis l’IA est arrivée et a mis une couche supplémentaire
Et là, on a probablement assisté à l’une des plus grosses accélérations du phénomène.
Avant, créer un site de netlinking demandait du temps.
Il fallait rédiger les articles.
Trouver les sujets.
Publier.
Créer les pages.
Aujourd’hui, on peut générer des centaines, voire des milliers de contenus en quelques heures.
Et forcément, beaucoup l’ont fait.
Résultat : une explosion de contenus sans véritable valeur ajoutée.
Des sites remplis de pages qui répondent vaguement à toutes les requêtes possibles, avec 800 mots générés automatiquement, trois sous-titres, une FAQ et une conclusion qui dit :
« En conclusion, il est important de choisir la meilleure solution adaptée à vos besoins. »
Merci ChatGPT.
Google a donc dû faire le ménage.
Et le phénomène est beaucoup plus important qu’une simple pénalisation de quelques sites.
Google peut tout simplement décider qu’une page ne mérite pas d’être dans son index.
Et ça change complètement la donne pour le netlinking.
Parce qu’un lien présent sur une page qui n’est pas indexée n’a évidemment pas le même intérêt qu’un lien présent sur une page réellement connue, explorée et intégrée dans l’écosystème de recherche de Google.
7. Le vrai problème, ce ne sont pas les backlinks
Et c’est finalement là que je voulais en arriver.
Les backlinks fonctionnent encore.
Ils ont toujours fonctionné.
Et ils fonctionneront encore probablement longtemps.
Le problème, ce sont les dérives qui se sont construites autour.
Aujourd’hui, quand on parle de netlinking, on parle très souvent de :
« Combien coûte le lien ? »
Alors qu’on devrait commencer par demander :
« D’où vient ce lien ? »
Sur quelle page ?
Cette page est-elle indexée ?
Est-elle réellement utile ?
Reçoit-elle du trafic ?
Est-elle cohérente avec la thématique du site ?
Le site a-t-il une vraie vie éditoriale ?
Les liens qu’il fait sont-ils cohérents ?
Le domaine a-t-il été recyclé ?
Et surtout : est-ce qu’un humain trouverait ce lien logique ?
Parce qu’il y a un autre problème dont on parle beaucoup moins : l’indexation.
Prenez un site de 10 000 pages.
Si Google n’en indexe que 4 000, vous avez un site avec 60 % de pages qui ne participent pas réellement à l’écosystème de recherche.
Et ça peut également avoir des conséquences sur le maillage interne.
Un site dont une énorme partie des pages est ignorée par Google n’a pas le même potentiel qu’un site où les pages importantes sont correctement explorées, comprises et connectées entre elles.
Vous pouvez donc avoir un site avec 10 000 pages, 50 000 liens internes et 2 000 backlinks.
Sur le papier, ça paraît énorme.
Dans la réalité, si une grosse partie de vos pages est considérée comme inutile ou de faible valeur, votre PageRank interne peut être complètement éclaté.
Et c’est là que le netlinking moderne devient intéressant.
On ne devrait plus raisonner uniquement :
« J’achète un lien à 100 €. »
Mais plutôt :
« Quelle valeur réelle ce lien apporte-t-il à mon écosystème ? »
Parce que le plus drôle dans tout ça, c’est qu’en 2026, je vois parfois des backlinks en nofollow qui poussent davantage qu’un lien vendu 100 €.
Et ce n’est pas vraiment surprenant.
Un lien naturel sur une vraie page, avec une vraie audience, dans un contexte sémantique cohérent, sur un site réellement vivant, peut avoir infiniment plus de valeur qu’un lien « dofollow » acheté sur un site monté uniquement pour vendre des liens.
Le problème n’est donc pas le backlink.
Le problème, c’est qu’on a transformé le backlink en produit.
On a créé des métriques pour le vendre.
Des plateformes pour le vendre.
Des sites pour le vendre.
Des contenus pour le vendre.
Des domaines expirés pour le vendre.
Et maintenant de l’IA pour produire tout ce qu’il faut pour le vendre.
À force de fabriquer des signaux artificiels, on a simplement donné à Google encore plus de raisons de chercher à distinguer un vrai signal d’autorité d’un signal fabriqué.
Alors oui, les backlinks c’est de la merde en 2026.
Mais uniquement quand on les regarde comme une ligne dans un catalogue :
TF 40 — 100 €
DR 60 — 150 €
Média — 300 €
Si on revient à l’idée originale du lien — une recommandation faite depuis une page vers une autre parce que cette recommandation a du sens — alors non.
Le backlink n’est absolument pas mort.
C’est notre manière de le vendre qui est devenue complètement débile.